Dérobées - Thibaud Yevnine
        
Dérobées
Un jour ou un siècle, je suis pris dans l’omnibus, je traverse des campagnes, le jardin de Saint-Maximin aux plantes odorantes, je vais d’une rive à l’autre, sans cesse remettant dans ses mains le jeu de l’oie ; je cours sous les arbres et c’est peut-être là mon petit frère qui s’avance sur le calcaire des calanques, les étoiles l’avoisinent, elles descendent avec leurs flèches et leurs arcs antiques, et dessinent des destinées neuves. Dans le salon pleut la douce musique d’un jazz somnambule, c’est le vieil ampli qui la diffuse. Je regarde monter, venir, le soir ou les pensées, les voilà fleurissantes aux milles odeurs d’un autre continent ; les îles nous réconfortent et je tombe quelques fois dans les bras charnels d’une ombre douce.
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